Unité d'histoire suisse

Projets de recherche

Projets de recherche actuels

Traitres ou héros ? Les Suisses dans la Résistance française
Sous la direction de Irène Herrmann

L’historiographie concernant la Suisse durant la Seconde Guerre mondiale est abondante. Hormis les différents rapports commandés par les autorités fédérales, nombre d’historiens se sont penchés sur la question, selon différentes approches et thématiques. Relations commerciales avec l’Allemagne, politique humanitaire, accueil des réfugiés représentent les aspects les mieux connus de la période. Néanmoins, un pan de cette histoire reste très peu traité par l’historiographie : les Suisses s’étant engagés dans la Résistance française.

Ce projet FNS a pour objectif de combler ce vide historiographique, au travers de deux recherches distinctes mais interconnectées. La première étude, essentiellement prosopographique, examine l’engagement de ces Résistants partis de Suisse en se penchant sur leurs origines socio-culturelles, leurs motivations de départ ainsi que leur parcours au sein des forces résistantes. Quant à la seconde, elle explore la question de leur retour, et s’interroge sur la manière dont cet engagement a été perçu en Suisse, tant par les pouvoirs publics que par la société civile, au sortir de la guerre et sur un plus long terme. En adoptant une double approche synchronique et diachronique, cette étude permettra aussi d’aborder la dimension mémorielle de l’engagement en décryptant les interactions entre l’évolution du regard porté sur cet engagement et la construction de la mémoire de la Suisse durant la Seconde Guerre mondiale.

L’ambition de ce projet FNS est double. Premièrement, il s’agit d’apporter une contribution à l’historiographie de la Résistance française en étudiant le cas helvétique et en le mettant en perspective avec d’autres engagements étrangers dans une perspective transnationale. D’autre part, ce travail vise à compléter l’historiographie de la Suisse durant la Deuxième Guerre mondiale et sa dimension mémorielle, en questionnant les liens entre les relectures auxquelles ce conflit a donné lieu et l’évolution de la perception de l’engagement résistant.


Projet de thèse de Marie-Laure Graf
Sous la direction d’Irène Herrmann

Retour en terrain neutre : quelle place pour les Suisses engagés dans la Résistance française dans la société helvétique après la Seconde Guerre mondiale ?

Cette thèse a pour ambition de se questionner la manière dont a été accueilli l’engagement des Suisses ayant combattu dans la Résistance française lors de la Seconde Guerre mondiale. Articulée en deux parties, elle a pour but d’analyser cette réception d’une manière synchronique et diachronique. Dans un premier temps, il s’agit d’examiner le retour au pays de ces Suisses résistants afin d’appréhender la perception de cet engagement au sortir du conflit et de le mettre en regard avec d’autres exemples d’engagement militaire étranger. Puis, dans un second temps, l’objectif est de se pencher sur l’évolution de cette perception et de la mettre en regard de l’évolution de l’historiographie concernant la Suisse durant la Seconde Guerre mondiale, afin de chercher des correspondances entre les diverses inflexions.

D’une manière générale, en cherchant à analyser les interactions entre histoire et mémoire, cette recherche a pour dessein de renforcer l’historiographie de cette période, en traitant d’un sujet encore très peu abordé par les milieux scientifiques et de contribuer à l’analyse de l’évolution mémorielle de la Suisse et de son rôle durant la Deuxième Guerre mondiale. 


Projets de recherche terminés

L'Unité d'histoire suisse a participé à un projet Sinergia, réunissant les Universités de Zurich, Berne, Genève et Lucerne :

"La Suisse pendant la Première Guerre mondiale: perspectives transnationales sur un petit Etat dans une guerre totale"

Le début de la Première Guerre mondiale, le premier août 1914, a marqué la fin du "long XIXe siècle". Les quatre années de conflit qui ont suivi ont déclenché des transformations durables dans les sociétés modernes, capitalistes et industrielles et dans les systèmes politiques ; les tendances qui avaient émergé dans les décennies précédant le changement de siècle se sont étendues et renforcées. Contrairement à de nombreux autres pays qui ont subi des millions de pertes, la Suisse n’a pas été entraînée dans la tourmente et a réussi à maintenir sa "neutralité intégrale" pendant toute la durée de la guerre. Néanmoins, compte tenu des divers processus d’échange qui ont eu lieu entre la Suisse et les belligérants, la guerre a également eu un impact décisif sur la Confédération. Bien qu’aucun conflit armé ne se soit jamais déroulé à l’intérieur des frontières suisses, la totalisation de la guerre a provoqué en Suisse l’appauvrissement de larges couches de la population, une polarisation et une désintégration sociale rapides, culminant avec la grève générale de 1918. Bien que l’impact de la guerre ait continué à affecter et à façonner la politique, les affaires et la culture de la Suisse pour des décennies quoiqu’il ait joué un rôle décisif dans les développements ultérieurs du pays, l’histoire de la Suisse pendant la Première Guerre mondiale n’a jamais été étudiée en détail.

Ce projet Sinergia – réunissant des chercheurs des Universités de Zurich (direction), Berne, Genève et Lucerne – se concentre sur la façon dont les expériences et les attentes ont changé pendant la guerre ; il examine les divers échanges et processus d’interaction entre la Suisse et les puissances belligérantes, et explore les champs d’action qu’a pu avoir un petit pays neutre. Basé sur une perspective transnationale, ces questions seront analysées dans trois projets de recherche interconnectés : (A) l’importance des « étrangers ennemis », la migration et la mobilisation des personnes et des biens dans la guerre ; (B) l’impact de la guerre sur les processus décisionnels en politique, sur les institutions démocratiques et sur une participation politique de plus en plus limitée ; et (C) les relations entre brutalisation, militarisation et diplomatie humanitaire, elle-même en interaction capitale et controversée avec la neutralité.

L’ambition de cette recherche est double : d’une part, il s’agit d’apporter une contribution fondamentale à une histoire transnationale et culturelle de la Première Guerre mondiale ; d’autre part, il aspire à combler un vide dans l’un des domaines les plus riches de l’histoire suisse contemporaine. L’accent mis sur l’intégration des aspects politiques, économiques, juridiques et sociaux dans les sous-projets individuels, de même que sa perspective comparative transnationale, donnent à ce projet une place unique dans le contexte de la recherche internationale. Le calendrier pour la soumission de ce projet est excellent : le centième anniversaire des débuts de la Première Guerre mondiale sera marqué en 2014, de sorte que le projet et ses résultats scientifiques faciliteront les échanges avec d’autres projets de recherche, renforçant l’aspect transnational de ce projet.

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