Unité des études chinoises

Conférence du Prof. Thomas Buoye: Homosexuality and Homicide: Narratives of Capital Crimes in the Eighteenth-century China

Historien de formation et directeur du département d’histoire de l’Université de Tulsa (USA), Thomas Buoye est spécialiste de la tradition juridique chinoise. S’intéressant notamment aux crimes capitaux et homicides sous la dynastie Qing (1644-1911), il est l’auteur d’un grand nombre d’articles en anglais et en chinois et d’une monographie intitulée Manslaughter, Markets, and Moral Economy: Violent Disputes over Property Rights in Eighteenth-Century China. Dans le cadre du séminaire de la Prof. Laure Zhang consacré aux récits judiciaires et à la société chinoise du 17ème au 19ème siècle, il donnera en anglais une conférence intitulée :

 

Homosexuality and Homicide: Narratives of Capital Crimes in the Eighteenth-century China”

Le mardi 8 mai 2018 de 14h00 à 16h00 en Phil 204



Résumé de la conférence :

 

Quoique la sodomie masculine (雞姦jijian) soit sous les Qing criminalisée par la loi (Code des Grands Qing (1740), article 366, article additionnel 3), la pratique montre qu’elle n’est en fait vivement condamnée que dans des cas précis : dans le cas d’un homicide commis dans l’intention de dissimuler son activité sexuelle, et dans le cas du viol d’un jeune garçon (12 ans et moins selon la loi). Ainsi, le raisonnement juridique reste le même que pour les crimes violents contre des enfants et les homicides prémédités. La sodomie entre deux adultes mâles consentants n’apparaît en fait dans les cas judiciaires que lorsqu’elle explique les circonstances d’un crime violent, typiquement des cas de jalousie ou de honte. L’acte est alors mentionné, pour comprendre les relations entre le criminel et sa victime et les raisons du crime, mais n’est pas condamné. Il n’y a donc aucune réelle stigmatisation de la sodomie dans les discours juridiques sous les Qing.