Revues du ciné-club

Cinéma Helvetica

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Cinéma Helvetica

La Revue du Ciné-club universitaire, janvier 2009

Édito

Créé en 1954, notre Ciné-Club est l’un des plus anciens de Suisse. Parmi ses fondateurs, on reconnaîtra les noms d’Alain Tanner et Claude Goretta, sans oublier François Bardet, Pierre Barde et Jacques Rial, les principaux animateurs. Une dizaine d’années plus tard, Claude Goretta et Alain Tanner, avec Jean-Louis Roy, Jean-Jacques Lagrange et Michel Soutter, fondent le Groupe 5, collectif genevois à l’origine de ce qu’on a coutume d’appeler le Nouveau cinéma suisse. C’est pourquoi, en hommage, nous vous proposons ici de revenir non seulement sur des œuvres issues du Groupe 5, mais aussi sur l’ensemble du cinéma suisse des années d’après-guerre.

Le cycle Cinéma Helvetica ne comprend volontairement pas de films d’animation ni de documentaires, pourtant abondants et de qualité. Il se focalise uniquement sur les films de fiction.

Contrairement à un avis convenu d’un cinéma suisse lent, gris et souvent morne, on trouve ici un cinéma fort, violent, très souvent dissident et engagé. Emprunts d’une vision politique affirmée, les films de ce cycle, s’étendant de 1967 à 1985, proposent un regard sans concession sur une société en pleine mutation.

Ils prennent le contre-pied du cinéma de «défense spirituelle nationale» qui avait cours depuis 1938. Celui-ci perpétuait les schémas d’une nation protectrice et pure (représentée par les Alpes) et unie (représentée par le village). Que la rupture se fasse avec amertume, telle que dans La Lune avec les dents, Charles mort ou vif et plus tardivement Sauve qui peut (la vie), ou sous le couvert de l’amusement et de la drôlerie, tels qu’on les retrouve dans L’Invitation ou plus délicatement dans Les Petites fugues, ou encore sous le mode de la fable avec Black Out, le constat est toujours le même: il faut avant tout parler d’ici, sur les gens d’ici et de maintenant. La mise en avant d’une œuvre littéraire suisse, à travers les récits de Ramuz que représente ici Derborence, poursuit indirectement la même volonté. Ce n’est que dans un deuxième temps, que l’on pourra se tourner vers un ailleurs comme le propose Alain Tanner à travers son film Dans la ville blanche. La sélection marque ce manque d’oxygène inhérent à la condition de citoyen suisse, toujours d’actualité. Le besoin de liberté montré par les personnages aboutit, notamment dans le film clôturant le programme, à une prise de distance physique avec le pays devenue inéluctable.

De l’autre côté du «röstigraben», même si le clivage culturel apparaît encore, la volonté de dépasser un cinéma d’avant-guerre stéréotypé et qui ne correspond plus à l’esprit du temps est aussi manifeste. Du retour sur le passé tout récent de la Suisse au temps du nazisme que l’on retrouve dans Das Boot is voll (La Barque est pleine), à une critique virulente de la société bourgeoise et conservatrice comme le fait Höhenfeuer (L’Âme sœur), film majeur du cinéma suisse, ou Die plötzliche Einsamkeit des Konrad Steiner (La Soudaine solitude de Konrad Steiner), évoquant la difficile fin de vie d’un homme, les cinéastes suisses alémaniques semblent vouloir atteindre les mêmes objectifs, mais de manière différente.

Aussi nous espérons que les douze films proposés dans ce cycle sauront balayer, sans équivoque possible, les idées convenues et souvent fausses, et redonner au cinéma suisse ses lettres de noblesse tant méritées.

Sommaire

  • Leïla Amacker, Christophe Chazalon, Nathalie Gregoletto, Sarah Maes, Sandra Rizzello, Édito, p.1
  • Sarah Maes, Historique, pp.3-4
  • Michel Soutter, «Cassant comme une branche pleine de fruits et de maux…», pp.6-7, in Cinéma suisse: nouvelles approches…, publié sous la dir. de M. Tortajada et F. Albera, Lausanne, Payot, 2000, p. 199-201
  • Leïla Amacker, Christophe Chazalon, Nathalie Gregoletto, Sarah Maes, Sandra Rizzello, Entretien avec Claude Goretta, pp.8-10
  • Leïla Amacker, Christophe Chazalon, Nathalie Gregoletto, Sarah Maes, Sandra Rizzello, Entretien avec Jean-Louis Roy, pp.14-15
  • À propos de la ville de Genève dans le cinéma d’Alain Tanner, pp.17-19, Extrait de Genève projetée, une conversation avec Alain Tanner
  • Leïla Amacker, Christophe Chazalon, Nathalie Gregoletto, Sarah Maes, Sandra Rizzello, Entretien avec Freddy Buache, pp.20-22

Pour recevoir, gratuitement et par courrier postal, un exemplaire de la Revue, merci d'écrire à cineclub(at)unige.ch en précisant le numéro choisi (Cinéma Helvetica – Janvier 2009) et l'adresse postale de livraison.

La revue au format numérique

Pour télécharger ce numéro «Cinéma Helvetica», janvier 2009 de la Revue, suivre ce lien.

Pour citer la Revue

La Revue du Ciné-club universitaire: Cinéma Helvetica. Janvier 2009 (1).

Pour citer un article de la Revue

Amacker, Leïla, Chazalon, Christophe, Gregoletto, Nathalie, Maes, Sarah, Rizzello, Sandra. (2009). Entretien avec Claude Goretta. La Revue du Ciné-club universitaire: Cinéma Helvetica., janvier 2009 (1), 8-10

Production

Ciné-club universitaire

cineclub(at)unige.ch

022 379 77 24

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Édito

Créé en 1954, notre Ciné-Club est l’un des plus anciens de Suisse. Parmi ses fondateurs, on reconnaîtra les noms d’Alain Tanner et Claude Goretta, sans oublier François Bardet, Pierre Barde et Jacques Rial, les principaux animateurs. Une dizaine d’années plus tard, Claude Goretta et Alain Tanner, avec Jean-Louis Roy, Jean-Jacques Lagrange et Michel Soutter, fondent le Groupe 5, collectif genevois à l’origine de ce qu’on a coutume d’appeler le Nouveau cinéma suisse. C’est pourquoi, en hommage, nous vous proposons ici de revenir non seulement sur des œuvres issues du Groupe 5, mais aussi sur l’ensemble du cinéma suisse des années d’après-guerre.

Le cycle Cinéma Helvetica ne comprend volontairement pas de films d’animation ni de documentaires, pourtant abondants et de qualité. Il se focalise uniquement sur les films de fiction.

Contrairement à un avis convenu d’un cinéma suisse lent, gris et souvent morne, on trouve ici un cinéma fort, violent, très souvent dissident et engagé. Emprunts d’une vision politique affirmée, les films de ce cycle, s’étendant de 1967 à 1985, proposent un regard sans concession sur une société en pleine mutation.

Ils prennent le contre-pied du cinéma de «défense spirituelle nationale» qui avait cours depuis 1938. Celui-ci perpétuait les schémas d’une nation protectrice et pure (représentée par les Alpes) et unie (représentée par le village). Que la rupture se fasse avec amertume, telle que dans La Lune avec les dents, Charles mort ou vif et plus tardivement Sauve qui peut (la vie), ou sous le couvert de l’amusement et de la drôlerie, tels qu’on les retrouve dans L’Invitation ou plus délicatement dans Les Petites fugues, ou encore sous le mode de la fable avec Black Out, le constat est toujours le même: il faut avant tout parler d’ici, sur les gens d’ici et de maintenant. La mise en avant d’une œuvre littéraire suisse, à travers les récits de Ramuz que représente ici Derborence, poursuit indirectement la même volonté. Ce n’est que dans un deuxième temps, que l’on pourra se tourner vers un ailleurs comme le propose Alain Tanner à travers son film Dans la ville blanche. La sélection marque ce manque d’oxygène inhérent à la condition de citoyen suisse, toujours d’actualité. Le besoin de liberté montré par les personnages aboutit, notamment dans le film clôturant le programme, à une prise de distance physique avec le pays devenue inéluctable.

De l’autre côté du «röstigraben», même si le clivage culturel apparaît encore, la volonté de dépasser un cinéma d’avant-guerre stéréotypé et qui ne correspond plus à l’esprit du temps est aussi manifeste. Du retour sur le passé tout récent de la Suisse au temps du nazisme que l’on retrouve dans Das Boot is voll (La Barque est pleine), à une critique virulente de la société bourgeoise et conservatrice comme le fait Höhenfeuer (L’Âme sœur), film majeur du cinéma suisse, ou Die plötzliche Einsamkeit des Konrad Steiner (La Soudaine solitude de Konrad Steiner), évoquant la difficile fin de vie d’un homme, les cinéastes suisses alémaniques semblent vouloir atteindre les mêmes objectifs, mais de manière différente.

Aussi nous espérons que les douze films proposés dans ce cycle sauront balayer, sans équivoque possible, les idées convenues et souvent fausses, et redonner au cinéma suisse ses lettres de noblesse tant méritées.

Sommaire

  • Leïla Amacker, Christophe Chazalon, Nathalie Gregoletto, Sarah Maes, Sandra Rizzello, Édito, p.1
  • Sarah Maes, Historique, pp.3-4
  • Michel Soutter, «Cassant comme une branche pleine de fruits et de maux…», pp.6-7, in Cinéma suisse: nouvelles approches…, publié sous la dir. de M. Tortajada et F. Albera, Lausanne, Payot, 2000, p. 199-201
  • Leïla Amacker, Christophe Chazalon, Nathalie Gregoletto, Sarah Maes, Sandra Rizzello, Entretien avec Claude Goretta, pp.8-10
  • Leïla Amacker, Christophe Chazalon, Nathalie Gregoletto, Sarah Maes, Sandra Rizzello, Entretien avec Jean-Louis Roy, pp.14-15
  • À propos de la ville de Genève dans le cinéma d’Alain Tanner, pp.17-19, Extrait de Genève projetée, une conversation avec Alain Tanner
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Pour citer la Revue

La Revue du Ciné-club universitaire: Cinéma Helvetica. Janvier 2009 (1).

Pour citer un article de la Revue

Amacker, Leïla, Chazalon, Christophe, Gregoletto, Nathalie, Maes, Sarah, Rizzello, Sandra. (2009). Entretien avec Claude Goretta. La Revue du Ciné-club universitaire: Cinéma Helvetica., janvier 2009 (1), 8-10

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