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Rapport de gestion

universite_0108-2.jpgL’année 2019 restera dans les annales de l’Université comme celle de l’attribution du Prix Nobel de physique à Michel Mayor et Didier Queloz pour la découverte de la première exoplanète en 1995. L’événement a suscité l’enthousiasme et la fierté de Genève comme de la Suisse. Il a aussi jeté un éclairage nouveau sur le rôle et les responsabilités de l’Université.

 En 1995, les théories sur la formation des systèmes planétaires ne prévoyaient pas qu’une telle exoplanète puisse exister si près de son étoile. Les recherches de Mayor et Queloz étaient donc risquées et ils étaient alors peu à y croire. Aujourd’hui pourtant, des milliers de scientifiques marchent sur leurs traces. La science est bien cette œuvre collective qui permet d’explorer des voies complètement nouvelles, comme la construction du premier satellite de conception suisse, CHEOPS, dont le lancement a été effectué fin 2019.

Deuxième leçon de cette remarquable épopée scientifique, la science a besoin de temps. Pas seulement des 24 années écoulées entre la découverte de 51 Peg b et la remise du Nobel, mais des millénaires qui ont vu l’humanité s’interroger sur l’existence possible d’autres mondes. Ce temps long, l’Université le doit à ses financements publics sans lesquels nombre de grandes découvertes n’auraient pas vu le jour, faute de rentabilité à court terme. Les outils développés par les entreprises privées ont aussi été cruciaux dans cette aventure scientifique et nous rappellent combien recherches publiques et privées se nourrissent mutuellement. L’extraordinaire évolution de nos sociétés nécessite indubitablement la mobilisation des compétences et des ressources dans tous les domaines du savoir, des sciences naturelles aux sciences humaines et sociales. Des recherches tout aussi fondamentales permettent ainsi de comprendre les comportements humains et les dynamiques sociétales, et aident à développer des politiques publiques efficientes.

L’histoire de ce Nobel souligne enfin la valeur de l’enseignement et l’importance d’une relève de qualité, puisque Didier Queloz était le «thésard» de Michel Mayor en 1995. Le doctorat est à la recherche ce que le compagnonnage est à l’artisanat: l’aboutissement d’une formation, l’apprentissage progressif de l’autonomie sous la supervision de mentors. Avec plus de 300 thèses soutenues chaque année, l’UNIGE peut s’enorgueillir du travail ainsi accompli.

 

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Yves Flückiger, recteur
Juin 2020

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